Article du jeudi 16 mars 2006
Saint-Étienne : SOS Racisme dépose plainte contre Métropole Habitat (ex-Opac)
Le fichage ethnique des locataires et la discrimination dans les attributions motivent, selon le numéro 2 de SOS Racisme, ce dépôt de plainte avec constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction stéphanois.
Il
est rare que SOS
Racisme cite Jacques Chirac en exemple et pourtant, hier à
Saint-Étienne, le numéro 2 de l'association, Samuel Thomas, a évoqué
le discours du président au Chambon-sur-Lignon, en juillet 2004, et son appel
à la plus grande fermeté en matière de discrimination raciale.
Cet argument, parmi d'autres, servait au
vice-président de SOS
Racisme, présent hier à Saint-Étienne, pour annoncer, hier,
devant les médias, le dépôt de plainte avec constitution civile devant le
doyen des juges d'instruction.
Dans le collimateur de l'association, L'Opac, devenu
Métropole Habitat, épinglé par un rapport ministériel de la Milos (Mission
interministérielle d'inspection du logement social), affaire dont notre
journal s'était fait l'écho le 23 décembre 2005.
Sur la base de ce rapport, SOS Racisme reproche
à l'ex-Opac un fichage ethnique des locataires à l'aide d'une « grille de
peuplement » repertoriant les titulaires du bail en fonction de l'origine
ethnique identifiée selon le patronyme de la personne en distinguant Maghreb,
Afrique, Asie.
D'autre part, selon Samuel Thomas, des
preuves avérées de discriminations raciales dans l'attribution des logements
motive le dépôt de plainte. « Certains groupes sont quasiment interdits
aux personnes dont les noms sont à consonance étrangère (Bergson, Solaure,
Jules-Janin, la Palle, Tarentaize, entre autres) tandis que d'autres
enregistrent des taux de fréquentation très élevés par des locataires « de
type étranger » (Montchovet, Montreynaud, Renoir, Molina etc.) ».
Le DAL avait ouvert le feu
Samuel
Thomas, vice-président de SOS Racisme, entend
souligner par ailleurs que l'association travaille en toute impartialité
politique : « Nous dénonçons un peu partout en France des pratiques
discriminatoires dans les offices d'habitation qu'ils soient gérés par la
droite ou par la gauche ».
Ainsi donc, comme nous l'annoncions le 28 février
dernier, SOS Racisme a
déposé plainte contre l'ex-Opac. Un nouvel épisode dans la guerre allumée par
le l'association Droit au logement (DAL) qui, la première, a dénoncé les
pratiques discriminatoires de l'office d'habitation devenu Metropole Habitat.
Ce dernier, à la suite de la révélation du rapport ministériel de la Milos,
avait décidé de se mettre en conformité avec la loi et d'ouvrir la commission
d'attribution des logements à un membre du corps préfectoral et de procéder à
un audit de toutes ses procédures par un institut indépendant (voir notre
journal du 14 février).
Le délit pénal de fichage ethnique est passible
d'une peine de 5 ans de prison et de 300 000 euros d'amende. Le délit de
discrimination entraîne des peines de 3 ans de prison de 75 000 euros
d'amende.
ANDRÉ GAVIDIA



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